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Les avocats et la technologie.

Le rapprochement entre les avocats et la technologie: les prédictions de 1996 devenues réalité

Le comité du Barreau sur l’avenir de la profession avait déjà anticipé, dans son rapport de 1996, un environnement technologique évoluant sans cesse, obligeant les avocats à s’adapter en continu : « la technologie est (…) en constante évolution, (…) un élément dynamique. (…). Cela implique, si l’on veut profiter de la technologie, qu’il faille accepter de s’adapter continuellement. »

Les 4 catégories de solutions technologiques du rapport de l’Association québécoise pour la développement de l’informatique juridique (AQDIJ) auxquelles fait référence l’article (gestion documentaire ; gestion de la pratique ; communications ; technologies propres au droit) ont effectivement connu de grandes mutations depuis sa rédaction en 1995. Selon cette étude, l’AQDIJ, qui basait ses prévisions sur les tendances américaines dans la pratique du droit, avait anticipé, pour les années suivantes (1) « une accentuation du rôle de l’informatique dans la pratique courante (gestion des litiges, des dossiers et des documents) », (2) « une plus grande automatisation de documents juridiques standardisés » et (3) « une accélération de la circulation de l’information judiciaire et de la jurisprudence en fonction de l’informatisation des tribunaux de première instance ».

La situation qui prévaut en 2012 ne peut que donner raison à l’AQDIJ. Nombreuses sont les solutions technologiques en lien direct avec ces tendances, et rares sont aujourd’hui les avocats n’en faisant pas usage pour des fins telles que :

  • La gestion de leur pratique, telles que les fonctionnalités administratives de Juris Concept,
  • La gestion de leur agenda, pour des fins de partage et de centralisation, tel qu’Outlook, intégré aux fonctions de gestion de la pratique,
  • L’automatisation de la production de documents à partir de modèles juridiques standardisés tels que le formulaire de procédure civile électronique et la gestion électronique de documents,
  • La recherche de jurisprudence ou d’articles de droit pour des fins de documentation des dossiers, tels que les portails de recherche de SOQUIJ, CAIJ, Quicklaw et bien d’autres.

Si en 1996, le taux d’utilisation de ces technologies ne concernait que le cinquième des praticiens, il en est aujourd’hui autrement. Les outils technologiques se sont généralisés même aux avocats pratiquant seuls.

Le comité du Barreau sur l’avenir de la profession décrivait en 1996 la situation actuelle : « L’histoire nous enseigne qu’il y a toujours des adeptes précoces des nouvelles technologies qui savent en saisir les possibilités ; les autres doivent aussi s’adapter s’ils veulent survivre : pour les avocats, ce sera la différence entre perdre ou gagner des clients ou des causes. »

Ainsi, la technologie ne fait pas que se rapprocher du quotidien de l’avocat : elle s’y fusionne et devient essentielle à sa pratique. La mise à jour du rapport des perspectives d’avenir de la profession 2012-2021 soutien ce même état de fait.

Qu’en est-il en 2012? Plus animées que jamais, les discussions se poursuivent sur une technologie qui poursuit son changement, dans l’ensemble des comités impliquant les avocats au Québec. Me Catherine Morissette est avocate, bloggeuse, adepte des réseaux sociaux et à l’avant-garde de la technologie dans sa pratique au quotidien. Elle siège notamment sur le comité consultatif sur les femmes dans la profession du Barreau du Québec : « dans nos discussions, nous avons identifié la technologie comme étant un des principaux enjeux de la pratique au sein du comité. Elle est et demeure très présente dans nos discussions sur les défis de la profession.« 

Sources :

  • Comité du Barreau sur l’avenir de la profession, Barreau du Québec, « La pratique du droit au Québec et l’avenir de la profession », Juin 1996. http://www.barreau.qc.ca/pdf/medias/positions/1996/199606-avenirprofession.pdf
  • POULIN, Daniel, Jean GOULET, Jean-Marc FERLAND, Pierre MACKAY. Droit, informatique et formation : Rapport du Comité ad hoc de l’AQDIJ sur la formation des juristes aux systèmes d’information, AQDIJ, Montréal, avril 1995.